Quels secteurs économiques pourraient exploser en 2026 ?
À chaque tournant d’année, la même question revient : où se situent les relais de croissance ? Dans quels secteurs trouver les meilleurs potentiels haussiers ? Pour 2026, l’exercice habituel est réalisé par une poignée d’experts. De Bloomberg Intelligence au puissant fonds a16z, les analystes passent au crible les dynamiques susceptibles de façonner l’économie des prochains mois. Certaines prolongent des tendances déjà bien installées, d’autres gagnent en maturité après des années de développement discret.
Les jeux d’argent en ligne
Ce n’est pas vraiment une surprise, car l’iGaming (terme anglais qui désigne l’ensemble des jeux d’argent accessibles sur internet) affiche une croissance soutenue depuis une décennie. Bon an mal an, les revenus du secteur progressent entre 6 et 10% dans le monde, avec l’arrivée de joueurs “migrant” depuis les établissements physiques et de nouveaux venus.
Ce secteur regroupe les casinos en ligne, les paris sportifs et le poker virtuel. Pour qui n’en a jamais fréquenté, un casino en ligne fonctionne de manière assez simple : il s’agit d’une plateforme accessible depuis un navigateur ou une application mobile, sur laquelle un joueur peut miser sur des jeux de table, des machines à sous ou des tournois de poker.
La concurrence est rude, très rude même, et chaque client gagné sur les concurrents vaut son pesant d’or. Cela explique les bonus de bienvenue très généreux offerts par les opérateurs.
Du côté des joueurs, l’embarras du choix pousse à être sélectif. Point important : l’instantanéité des retraits. En clair, à catalogue de jeux et conditions équivalents, les joueurs auront tendance à privilégier le casino en ligne réputé le plus réactif en matière de reversement des gains.
Le marché mondial des jeux d’argent en ligne devrait franchir le cap des 100 milliards de dollars en 2026 selon plusieurs cabinets d’analyse. Plusieurs facteurs nourrissent cette dynamique. Le plus important est leur percée sur de nouveaux marchés, à mesure que les cadres réglementaires se précisent en Amérique du Nord. Même chose en Europe, où la libéralisation élargit le bassin de joueurs potentiels.
Pour ce qui est de la France en particulier, la légalisation des casinos en ligne est attendue. En effet, l’État n’autorise pour l’heure que les “plateformes de poker en ligne et de paris sportifs”, et pas les casinos en ligne “complets”. Les débats parlementaires, de même que les réticences du lobby des casinos physiques, retardent l’échéance.
L’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle a changé de statut en 2025. Logistique, finance, santé, création de contenu : les applications se multiplient à mesure que les outils gagnent en accessibilité. Elle s’infiltre désormais dans la quasi-totalité des secteurs d’activité.
L’ampleur du phénomène se mesure aux projections économiques. Selon le cabinet PwC, l’intelligence artificielle pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2030. Dans ce calendrier, 2026 fait figure de point de bascule : l’année où l’adoption passera à l’intégration opérationnelle au sein de la plupart des grandes entreprises.
Quelques acteurs structurent ce marché en pleine effervescence. NVIDIA est bien entendu l’acteur central, celui qui fournit les puces graphiques indispensables à l’entraînement des modèles d’IA.
Mais c’est surtout Google qui est attendu. Après avoir inquiété par son retard sur OpenAI (à l’origine de ChatGPT), la version 3 de son IA Gemini montre des capacités étonnantes dans ses applications de recherche, de publicité et de calcul sur le cloud. De plus, Google fabrique ses propres puces dites “TPU” en partenariat avec Broadcom, qu’elle envisage de lâcher pour le taïwanais MediaTek.
OpenAI justement, a annoncé récemment un partenariat avec Broadcom qui, rappelons-le, fabrique aussi les puces de l’iPhone. Pour ne pas tomber dans une sur-dépendance à NVIDIA et AMD, la compagnie de Sam Altman va donc diversifier ses fournisseurs. Tous ces deals circulaires inquiètent néanmoins les observateurs, dont certains n’hésitent pas à évoquer un début de “bulle dotcom 2.0”…
La santé préventive et les biotechnologies
On les aurait presque oublié après un retour à la quasi-normale post-Covid 19. Et pourtant, le modèle de santé connaît une inflexion profonde. C’est de “santé préventive” qu’il est le plus question aujourd’hui.
Rappelons les ressorts de ce sous-compartiment du secteur médical : plutôt que d’attendre la maladie pour intervenir, un nombre croissant de dispositifs permettent désormais de surveiller son état au quotidien et d’agir en amont.
Les montres connectées, capables de mesurer le rythme cardiaque, la qualité du sommeil ou le taux d’oxygène dans le sang, se sont largement démocratisées. Apple, avec son écosystème Apple Health, a contribué à banaliser ce suivi permanent auprès du grand public.
Le marché des objets connectés consacrés à la santé préventive a atteint 147,4 milliards de dollars en 2024. Il devrait grimper de plus de 18 % chaque année d’ici 2029 selon Bpifrance. Celle-ci estime d’ailleurs que près de 645 millions d’objets médicaux connectés sont actuellement utilisés dans les hôpitaux.
Du côté des biotechnologies, les avancées sont tout aussi marquantes. Moderna et Pfizer, révélés au grand public par leurs vaccins à ARN messager pendant la pandémie de Covid-19, explorent désormais cette technologie pour traiter certains cancers et maladies génétiques. Illumina, spécialiste du séquençage génomique, rend possible une médecine de plus en plus personnalisée, où les traitements s’adaptent au profil génétique de chaque patient.Le vieillissement de la population dans les économies développées constitue un facteur structurel de croissance pour ce secteur. La demande de soins augmente, mais les systèmes de santé cherchent parallèlement à maîtriser leurs dépenses. Ce qui favorise les approches préventives et les outils de diagnostic précoce.
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