Le métier en micro-entreprise
Le consultant vend une expertise : un diagnostic, une recommandation, un accompagnement de projet, une formation informelle des équipes. Cette prestation intellectuelle relève des bénéfices non commerciaux, ce qui place le consultant en micro-entreprise dans la catégorie des professions libérales non réglementées. Les cotisations se calculent sur les honoraires encaissés, sans déduction de frais réels : l'abattement forfaitaire en tient lieu pour l'impôt. Le régime est particulièrement adapté aux consultants dont les frais sont faibles, ce qui est le cas de la majorité d'entre eux : un ordinateur, quelques abonnements, des déplacements. Il l'est moins pour ceux qui sous-traitent une partie des missions ou engagent des dépenses importantes, puisque ces charges ne réduisent ni les cotisations ni l'impôt.
Ce qu'il faut avant de démarrer
Aucune qualification n'est exigée, mais la crédibilité se construit : une offre claire, un secteur ou un problème bien identifié, des références, et une présence professionnelle sobre. Sur le plan juridique, un contrat de mission ou des conditions générales de prestation cadrent les livrables, le calendrier, les modalités de paiement et la confidentialité. La responsabilité civile professionnelle n'est pas obligatoire, mais un conseil qui conduit à une mauvaise décision peut coûter cher au client, et nombre de grands comptes l'exigent avant de signer. Si vous quittez un emploi, vérifiez l'existence d'une clause de non-concurrence. Si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, la création ouvre droit, sous conditions, au maintien partiel des allocations ou à leur versement en capital avec l'Acre.
Tarifs, facturation et revenu
Le conseil se facture à la journée, à la demi-journée ou au forfait de mission. Le tarif journalier dépend de la rareté de l'expertise, du secteur, de la taille du client et de la durée d'engagement, mais il doit d'abord couvrir votre revenu net visé, vos cotisations, votre impôt, vos frais et vos jours non facturés. Comptez large sur ces derniers : prospection, rédaction de propositions, veille, administratif. Le calculateur de TJM du site part de votre objectif de revenu. Les clients professionnels attendent des factures conformes, avec délai de paiement, pénalités de retard et indemnité de recouvrement ; un acompte à la signature et un paiement à trente jours sont d'usage. Le seuil de franchise en base de TVA est vite atteint par un consultant à plein temps : facturer la TVA à des professionnels ne pénalise pas votre compétitivité, mais impose de vous y préparer.
Pièges et conseils
Le plafond du régime micro est la première limite : un consultant expérimenté l'atteint en quelques mois de mission continue. Au-delà, la question de la société se pose, notamment pour optimiser la protection sociale ou déduire des frais réels. Le deuxième point de vigilance est la dépendance à un client unique en mission longue, dans ses locaux et à ses horaires : le risque de requalification en contrat de travail est réel pour lui comme pour vous. Le troisième est la trésorerie : les délais de paiement des grands comptes s'allongent, et la micro-entreprise ne vous protège pas contre les retards ; facturez tôt, relancez, appliquez les pénalités prévues. Enfin, gardez du temps pour développer votre offre : un consultant qui ne prospecte que lorsqu'une mission se termine subit des creux de plusieurs mois.