Le métier en micro-entreprise
Le développeur web indépendant conçoit des sites, des applications ou des interfaces pour des agences, des start-up, des PME ou des particuliers. En micro-entreprise, il relève des activités libérales non réglementées : ses recettes sont des bénéfices non commerciaux, ses cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, et l'abattement fiscal forfaitaire tient lieu de frais. Ce cadre convient à la plupart des débuts d'activité, et beaucoup de développeurs y restent tant que leur chiffre d'affaires n'approche pas le plafond du régime. Le premier réflexe est de déclarer précisément la nature de l'activité sur le guichet unique : « développement de sites et d'applications web » suffit, et l'INSEE attribue le code APE en conséquence.
Ce qu'il faut avant de démarrer
Aucune qualification n'est exigée, ce qui ne dispense pas de sécuriser le cadre de travail. Un contrat ou des conditions générales de prestation qui précisent la propriété du code livré, les modalités de recette et les délais de paiement évitent les litiges les plus fréquents. La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés au client par une erreur, un retard ou une faille : elle n'est pas obligatoire, mais elle est demandée par la plupart des donneurs d'ordre sérieux et par les plateformes de portage de missions. Un compte bancaire dédié, même simple, simplifie la déclaration à l'Urssaf et la préparation de la déclaration de revenus. Enfin, une mission en sous-traitance pour une agence ou une ESN suppose souvent une preuve de vigilance : attestation Urssaf, extrait d'immatriculation, RC pro.
Tarifs, facturation et revenu
La grande majorité des développeurs freelances facturent au tarif journalier, parfois au forfait pour un site vitrine ou une intégration bien délimitée. Le tarif ne se déduit pas d'un salaire : il doit couvrir les cotisations sociales, l'impôt, les jours non facturés consacrés à la prospection, la veille technique et l'administratif, ainsi que le matériel et les licences. Le calculateur de TJM du site fait ce chemin à partir du revenu net que vous visez. La facturation suit les règles de la micro-entreprise : numérotation continue, mention « EI », franchise en base de TVA tant que le seuil n'est pas dépassé, pénalités de retard et indemnité de recouvrement pour les clients professionnels. Un développeur qui travaille à plein temps dépasse souvent le seuil de TVA dès la première année : ce n'est pas un problème pour des clients professionnels qui la récupèrent, mais il faut l'anticiper dans les devis.
Pièges et conseils
Le premier piège est le plafond de chiffre d'affaires du régime, atteint plus vite qu'on ne le croit à un tarif journalier élevé : au-delà, il faut passer au régime réel ou en société, ce qui change la logique des charges déductibles. Le deuxième est le client unique : une mission longue chez un seul donneur d'ordre, avec des horaires imposés et du matériel fourni, peut être requalifiée en salariat déguisé. Diversifiez vos clients et gardez la maîtrise de votre organisation. Le troisième concerne la propriété intellectuelle : sans clause écrite, le code que vous produisez reste votre propriété, ce que votre client ignore souvent ; précisez la cession de droits dans le devis. Enfin, l'Acre la première année et l'option pour le versement libératoire quand vous êtes imposable allègent sensiblement les prélèvements.