1. Choisir la micro-entreprise, ou pas
La micro-entreprise n'est pas un statut juridique : c'est un régime simplifié de l'entreprise individuelle. Vous êtes entrepreneur individuel, avec votre nom suivi de la mention « EI », et vous bénéficiez d'un calcul des cotisations et de l'impôt en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, sans comptabilité complète ni bilan. C'est ce qui la rend si accessible : une déclaration en ligne gratuite, des prélèvements nuls quand on n'encaisse rien, une gestion qui tient dans un livre des recettes.
Le revers est symétrique. Aucun frais réel n'est déductible : achats de marchandises, matériel, véhicule, sous-traitance, tout est censé être couvert par un abattement forfaitaire qui ne correspond pas à toutes les activités. Le régime plafonne le chiffre d'affaires. Et la protection sociale, alignée sur celle des indépendants, reste plus légère que celle d'un salarié. La micro-entreprise convient donc aux activités à frais réduits, aux démarrages, aux compléments de revenus et aux indépendants dont le chiffre d'affaires reste sous les plafonds. Dès que les frais grimpent, qu'un associé arrive ou qu'une structure durable se dessine, l'entreprise individuelle au régime réel, l'EURL ou la SASU méritent la comparaison.
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2. Identifier sa catégorie d'activité
C'est la décision la plus structurante, et la moins expliquée. Toutes vos règles chiffrées découlent de la catégorie dans laquelle l'Urssaf range votre activité : le taux de cotisations, l'abattement fiscal, le plafond de chiffre d'affaires et le seuil de franchise en base de TVA.
- Vente de marchandises, restauration, hébergement : cotisations à 12,3 %, abattement de 71 %, plafond de 203 100 €, franchise de TVA jusqu'à 85 000 €.
- Prestations de services commerciales ou artisanales : cotisations à 21,2 %, abattement de 50 %, plafond de 83 600 €, franchise de TVA jusqu'à 37 500 €.
- Activités libérales non réglementées : cotisations à 25,6 %, abattement de 34 %, mêmes plafond et seuil de TVA que les prestations.
- Professions libérales relevant de la Cipav : cotisations à 23,2 %.
Un livreur et un coiffeur relèvent de la même catégorie ; un développeur et un consultant d'une autre. Un e-commerçant, avec son plafond élevé, découvre que ses achats non déductibles pèsent plus que son taux réduit. Les fiches métiers du site situent chaque activité dans sa catégorie avant d'entrer dans ses particularités.
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3. Déclarer son activité et demander l'Acre
La déclaration se fait en ligne sur le guichet unique des formalités d'entreprises, géré par l'INPI, qui transmet à l'Urssaf, à l'INSEE, à l'administration fiscale et aux registres. Elle est gratuite. Vous y choisissez votre périodicité de déclaration, mensuelle ou trimestrielle, valable pour l'année civile, et vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence le permet. L'INSEE vous attribue ensuite un Siren et un Siret, indispensables pour facturer.
L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise, l'Acre, réduit le taux de cotisations jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant la date d'inscription. Elle se demande auprès de l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité, avec les justificatifs d'éligibilité, et suppose de ne pas en avoir bénéficié au cours des trois années précédentes. Pour les activités créées à compter du 1er juillet 2026, la réduction est d'un quart du taux plein, contre la moitié auparavant : par exemple 19,2 % au lieu de 25,6 % pour une activité libérale.
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4. Comprendre ses cotisations et son impôt
Chaque déclaration de chiffre d'affaires déclenche trois prélèvements. Les cotisations sociales, au taux de votre catégorie, financent maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès et allocations familiales, et incluent la CSG et la CRDS. La contribution à la formation professionnelle s'y ajoute : 0,1 % pour les commerçants, 0,2 % pour les professions libérales, 0,3 % pour les artisans. Enfin l'impôt sur le revenu, de deux façons possibles.
Avec le versement libératoire, l'impôt est payé en même temps que les cotisations, à 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires selon l'activité, et l'affaire est réglée. Sans cette option, votre chiffre d'affaires réduit de l'abattement forfaitaire s'ajoute aux revenus de votre foyer et suit le barème progressif : c'est plus avantageux si vous n'êtes pas ou peu imposable, moins si votre taux marginal est élevé. Le simulateur de cotisations fait les deux calculs et vous donne le net réel, mensuel et annuel.
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5. Facturer dans les règles
Une facture de micro-entrepreneur porte votre nom suivi de « EI », votre adresse et votre Siren, l'identité et l'adresse du client, la date, un numéro unique en séquence chronologique continue, la date de la vente ou de la prestation, la désignation, la quantité et le prix unitaire hors taxes de chaque ligne, le total, la date d'échéance et les conditions de paiement. Tant que vous êtes en franchise en base, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » remplace la TVA. Pour un client professionnel s'ajoutent le taux des pénalités de retard, l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € et la mention relative à l'escompte. Les factures se conservent 10 ans.
Un devis obéit à la même logique, avec une durée de validité et une signature du client précédée de « bon pour accord » ; il est obligatoire dans certains secteurs comme le bâtiment ou le déménagement. Et la facturation électronique arrive : réception possible pour toutes les entreprises depuis septembre 2026, émission obligatoire pour les micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027 pour leurs clients professionnels.
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6. Déclarer et payer chaque mois ou chaque trimestre
La déclaration de chiffre d'affaires se fait sur autoentrepreneur.urssaf.fr, avant la fin du mois qui suit le mois concerné en périodicité mensuelle, ou avant le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier en périodicité trimestrielle. Une échéance qui tombe un week-end ou un jour férié est reportée au jour ouvré suivant. La première déclaration ne peut intervenir qu'après un délai minimum de 90 jours suivant le début d'activité. Vous déclarez le montant encaissé, le paiement des cotisations suit, et vous conservez le relevé.
La règle qui coûte le plus cher quand on l'ignore : la déclaration est obligatoire même sans aucun encaissement. Un mois à zéro se déclare à zéro. L'oubli entraîne une pénalité, et sa répétition une taxation d'office sur une base forfaitaire. Le livre des recettes, tenu à jour, permet de déclarer en quelques minutes.
Voir le calendrier de mes échéances et activer les rappels →
7. Surveiller les seuils et les plafonds
Trois limites encadrent le régime, et elles ne se confondent pas. Le seuil de franchise en base de TVA, 85 000 € en commerce et 37 500 € en services, au-delà duquel la TVA devient exigible l'année suivante, et immédiatement au-delà des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €. Le plafond du régime micro, 203 100 € en vente et 83 600 € en services, au-delà duquel on bascule au régime réel. Et le seuil de 10 000 € de chiffre d'affaires qui, deux années de suite, impose un compte bancaire dédié à l'activité.
Facturer la TVA n'est pas une catastrophe : pour des clients professionnels qui la récupèrent, c'est neutre. Encore faut-il l'avoir anticipé dans ses devis et obtenu un numéro de TVA intracommunautaire. Le simulateur de cotisations signale chaque seuil franchi par le chiffre d'affaires que vous saisissez.
8. Les rendez-vous de l'année
Au-delà des déclarations à l'Urssaf, l'année du micro-entrepreneur compte quelques dates fixes. La cotisation foncière des entreprises se paie au plus tard le 15 décembre, sauf l'année de création où l'on en est exonéré à condition de déposer la déclaration initiale avant le 31 décembre ; la base est réduite de moitié la deuxième année. L'option pour le versement libératoire, ou la renonciation, se demande avant le 30 septembre pour l'année suivante ; le changement de périodicité de déclaration avant le 31 octobre. Au printemps, la déclaration de revenus du foyer reprend le chiffre d'affaires de l'année écoulée dans le formulaire dédié, même avec le versement libératoire.
Le calendrier du site génère toutes ces dates pour l'année de votre choix, décalées quand elles tombent un jour non ouvré, exportables dans votre agenda, avec un rappel par e-mail sept jours avant et la veille.
9. Ses interlocuteurs
L'Urssaf collecte vos cotisations et gère l'Acre, le versement libératoire et vos attestations. Le service des impôts des entreprises de votre secteur s'occupe de la CFE, de la TVA et de votre espace professionnel. La chambre de commerce et d'industrie ou la chambre de métiers et de l'artisanat, selon votre activité, accompagnent, forment et délivrent certaines cartes professionnelles. Le greffe du tribunal de commerce tient le registre des commerçants. Et l'INSEE atteste de votre inscription au répertoire Sirene.