Le métier en micro-entreprise
Le chauffeur VTC transporte des clients sur réservation, via des plateformes ou sa propre clientèle, dans un véhicule qui répond à des critères de confort et d'ancienneté. En micro-entreprise, l'activité relève des prestations de services commerciales : les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires, c'est-à-dire sur les courses encaissées, commissions des plateformes non déduites. Cette dernière précision compte : la commission prélevée par une plateforme est un frais, et les frais ne sont pas déductibles en micro-entreprise. Pour un chauffeur à plein temps avec un véhicule financé, la comparaison avec le régime réel ou avec une société mérite d'être faite dès la première année.
Ce qu'il faut avant de démarrer
La profession est réglementée par le code des transports. Il faut d'abord réussir l'examen de chauffeur VTC, organisé par les chambres de métiers, qui comprend des épreuves théoriques et une épreuve pratique ; une formation préparatoire est fréquente mais pas obligatoire. La carte professionnelle est ensuite délivrée par la préfecture, sur justification du permis de conduire de plus de trois ans, d'une aptitude médicale et d'un casier judiciaire compatible. L'entreprise doit être inscrite au registre des exploitants de VTC, inscription payante à renouveler périodiquement, qui suppose une assurance de responsabilité civile professionnelle. Le véhicule doit respecter des critères de dimensions, de puissance, d'ancienneté et de nombre de places, et porter la vignette VTC ; son assurance doit couvrir explicitement le transport de personnes à titre onéreux.
Tarifs, facturation et revenu
Avec les plateformes, le prix de la course est fixé par l'application et une commission est prélevée ; avec une clientèle directe, vous fixez un tarif à la course, à l'heure ou au forfait, obligatoirement convenu avant la prise en charge. Le revenu réel se calcule après commissions, carburant ou recharge, financement du véhicule, assurance, entretien, lavage et péages, puis cotisations et impôt. Le simulateur de cotisations du site donne les prélèvements sur le chiffre d'affaires ; ajoutez vos frais réels pour connaître votre net horaire. Les courses donnent lieu à une facture ou à un reçu conforme, avec les mentions de la micro-entreprise ; les plateformes émettent souvent les documents pour votre compte, mais la déclaration à l'Urssaf reste la vôtre.
Pièges et conseils
Le premier piège est de sous-estimer le coût du véhicule : location longue durée, assurance professionnelle et carburant absorbent une part importante des courses, et rien n'est déductible en micro-entreprise. Le deuxième est l'atteinte rapide des seuils : un chauffeur à plein temps dépasse souvent le seuil de franchise de TVA la première année et peut approcher le plafond du régime la deuxième. Le troisième est réglementaire : carte professionnelle, inscription au registre et assurance doivent être à jour en permanence, sous peine de sanctions et d'exclusion des plateformes. Enfin, la fatigue et les horaires décalés exposent aux accidents : la prévoyance et le respect des temps de repos sont des sujets de rentabilité autant que de sécurité.