Le métier en micro-entreprise
L'e-commerçant achète ou fabrique des produits et les vend à distance, sur sa propre boutique ou via des places de marché. En micro-entreprise, la vente de marchandises relève de la catégorie « vente » : le taux de cotisations est le plus bas du régime, l'abattement fiscal le plus élevé, et le plafond de chiffre d'affaires nettement supérieur à celui des services. Cette générosité apparente a une contrepartie : les cotisations et l'impôt se calculent sur le chiffre d'affaires, pas sur la marge. Un produit acheté quatre-vingts euros et revendu cent supporte des prélèvements sur cent. Le régime est donc rentable pour des marges élevées, et rapidement pénalisant pour de la revente à faible marge ou du dropshipping à prix serré.
Ce qu'il faut avant de démarrer
Aucune qualification n'est requise, sauf pour certains produits réglementés : alimentaire, cosmétiques, compléments, produits pour enfants, alcool, dont la vente impose des règles d'étiquetage, de traçabilité ou d'autorisation. Sur le plan juridique, une boutique en ligne doit afficher des mentions légales, des conditions générales de vente et une politique de confidentialité, informer le consommateur avant la commande et respecter son droit de rétractation de quatorze jours. Un registre des achats, en plus du livre des recettes, est obligatoire pour les activités de vente. Prévoyez enfin les moyens de paiement, la logistique d'expédition et de retour, et une responsabilité civile professionnelle pour les produits susceptibles de causer un dommage.
Prix, facturation et revenu
Le prix de vente doit couvrir le coût d'achat, les frais de port et d'emballage, les commissions de la place de marché ou du prestataire de paiement, la publicité, puis les cotisations et l'impôt calculés sur le prix total, et enfin votre marge. Le simulateur de cotisations du site donne les prélèvements sur le chiffre d'affaires en catégorie vente ; retirez ensuite vos coûts réels pour connaître le net. Chaque vente à un particulier donne lieu à une facture ou à un ticket conforme dès lors qu'il le demande, et systématiquement pour un professionnel ; en franchise en base, la mention de non-application de la TVA figure sur les documents. Les places de marché fournissent des relevés qui servent de base à la déclaration à l'Urssaf et au livre des recettes.
Pièges et conseils
Le premier piège est de confondre chiffre d'affaires et revenu : le plafond élevé de la catégorie vente peut cacher une marge insuffisante une fois les achats, non déductibles, retirés. Le deuxième est la TVA : le seuil de franchise en commerce est plus élevé que pour les services, mais un e-commerçant actif l'atteint vite, et les ventes à des particuliers ne permettent pas de répercuter la TVA sans augmenter les prix. Le troisième est le stock : la trésorerie immobilisée et les invendus ne sont pas pris en compte par le régime. Enfin, les obligations envers les consommateurs, rétractation, garantie légale de conformité et information précontractuelle, s'appliquent pleinement à une micro-entreprise ; un litige mal géré coûte plus cher qu'une CGV bien rédigée.