Le métier en micro-entreprise
L'électricien indépendant réalise des installations neuves, des mises aux normes, des rénovations et des dépannages. C'est une activité artisanale de prestation de services : en micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires au taux des prestations commerciales et artisanales, avec la contribution à la formation professionnelle des artisans. Les fournitures posées, câbles, tableaux, appareillages, sont en principe incluses dans la prestation ; si leur part devient importante, la question de déclarer une part de vente se pose, et surtout celle de la rentabilité, puisque les achats ne sont pas déductibles. Un électricien qui fournit beaucoup de matériel compare utilement la micro-entreprise avec le régime réel.
Ce qu'il faut avant de démarrer
L'électricité du bâtiment est un métier réglementé : l'exercice suppose une qualification professionnelle, un diplôme du domaine ou une expérience reconnue, justifiée lors de la déclaration sur le guichet unique, avec immatriculation au registre national des entreprises, section des métiers. La garantie décennale est obligatoire pour les travaux qui touchent à l'ouvrage, et elle doit être souscrite avant l'ouverture du chantier ; son coût, significatif, dépend de votre expérience et de vos activités déclarées. Les références de vos assurances, avec les coordonnées de l'assureur et la couverture géographique, doivent figurer sur vos devis et factures. Le devis est obligatoire pour les travaux et dépannages chez les particuliers, avec les mentions prévues, et le client doit le signer avec la mention « bon pour travaux » ou « bon pour accord ». Les installations neuves sont soumises à une attestation de conformité délivrée par l'organisme agréé avant la mise sous tension.
Tarifs, facturation et revenu
Le travail se facture à l'heure pour les dépannages, souvent avec un forfait de déplacement, et au devis pour les chantiers, en distinguant main-d'œuvre et fournitures. Le tarif horaire doit intégrer la décennale, la responsabilité civile, le véhicule, l'outillage, les déplacements, les jours non facturés et les cotisations. Le simulateur de cotisations du site, réglé sur une activité artisanale, donne le net sur le chiffre d'affaires ; retirez ensuite vos fournitures et frais réels. Le générateur de devis et de facture du site ajoute les mentions de la micro-entreprise et permet d'indiquer votre assurance. Un acompte à la commande et des situations intermédiaires sur les chantiers longs protègent votre trésorerie, les fournitures étant avancées.
Pièges et conseils
Le premier piège est de démarrer un chantier sans décennale : en cas de sinistre, vous en répondez sur vos biens personnels pendant dix ans, et l'absence d'assurance est une infraction. Le deuxième est la fourniture : acheter le matériel pour le client fait grimper votre chiffre d'affaires, donc vos cotisations, sans être déductible ; faites acheter les fournitures importantes directement par le client ou passez au régime réel. Le troisième est le devis oublié ou incomplet chez un particulier : il est obligatoire et son absence est sanctionnée. Enfin, le plafond du régime arrive vite dans le bâtiment quand les fournitures transitent par votre chiffre d'affaires : surveillez-le.