Le métier en micro-entreprise
Le formateur indépendant conçoit et anime des sessions de formation, en présentiel ou à distance, pour des adultes en activité ou en reconversion. Deux situations coexistent. Dans la première, il intervient en sous-traitance pour un organisme de formation qui détient le contrat avec le client final ; il facture ses journées à l'organisme, et c'est ce dernier qui porte les obligations réglementaires. Dans la seconde, il vend directement ses formations à des entreprises ou des particuliers : il devient lui-même prestataire de formation, avec les obligations qui vont avec. En micro-entreprise, dans les deux cas, l'activité relève des bénéfices non commerciaux et les cotisations se calculent sur les honoraires encaissés.
Ce qu'il faut avant de démarrer
Aucun diplôme n'est imposé pour former, mais vendre des actions de formation professionnelle en direct impose une déclaration d'activité de prestataire de formation auprès de l'administration du travail de votre région, à effectuer après la signature de la première convention ou du premier contrat de formation. Elle donne un numéro de déclaration d'activité à faire figurer sur vos documents. Pour que vos formations soient financées par les fonds publics ou mutualisés, comme le compte personnel de formation ou les opérateurs de compétences, la certification qualité Qualiopi est requise : elle représente un investissement en temps et en argent que beaucoup de formateurs indépendants contournent en travaillant en sous-traitance d'organismes déjà certifiés. Un programme écrit, des objectifs pédagogiques et des modalités d'évaluation sont attendus dans tous les cas.
Tarifs, facturation et revenu
La journée d'animation est l'unité de facturation la plus courante, avec parfois un forfait de conception pour un programme sur mesure. En sous-traitance, l'organisme fixe souvent une grille ; en vente directe, vous fixez votre prix en intégrant la conception, la préparation, les supports, le suivi et les jours non facturés. Le calculateur de TJM du site part de votre objectif de revenu net. Attention au temps de préparation : une journée nouvelle représente souvent deux à trois journées de conception la première fois. Les factures aux organismes et aux entreprises portent les mentions de la micro-entreprise ; les actions de formation professionnelle continue peuvent, sous conditions, être exonérées de TVA sur demande d'une attestation, ce qui compte une fois le seuil de franchise dépassé.
Pièges et conseils
Le premier piège est de croire que la déclaration d'activité suffit pour être financé par le compte personnel de formation : sans Qualiopi, ce n'est pas possible. Le deuxième est la sous-traitance exclusive pour un seul organisme, avec ses horaires et ses supports : le risque de requalification en salariat existe, comme dans les autres professions de prestation. Le troisième est la trésorerie : les organismes paient parfois à réception du financement, soit plusieurs semaines après la session ; négociez des délais clairs et appliquez les pénalités prévues. Enfin, capitalisez : un programme conçu une fois se revend plusieurs fois, et les supports que vous créez sont votre patrimoine ; précisez dans vos contrats qui en détient les droits.