Le métier en micro-entreprise
Le graphiste conçoit des éléments visuels sur commande : logo et charte graphique, mise en page de documents, visuels pour les réseaux sociaux, maquettes de sites, packaging, illustrations. En micro-entreprise, cette prestation de création sur commande relève des bénéfices non commerciaux, comme les autres activités libérales non réglementées. Le régime convient bien à une activité dont les frais se limitent au matériel, aux logiciels et aux polices : l'abattement forfaitaire les couvre largement. Il devient moins avantageux si vous achetez beaucoup de prestations externes, impression ou sous-traitance, que vous refacturez : ces montants gonflent votre chiffre d'affaires et vos cotisations sans être déductibles.
Ce qu'il faut avant de démarrer
Aucun diplôme n'est requis, mais un portfolio en ligne est indispensable : c'est lui que le client consulte avant de vous écrire. Sur le plan juridique, la question centrale est celle des droits d'auteur. Une création graphique originale est protégée dès sa réalisation ; le client n'en acquiert l'usage que si vous le lui cédez par écrit, en précisant les supports, la durée, le territoire et la rémunération de la cession. Un devis qui distingue la prestation de conception et la cession des droits protège les deux parties et évite les malentendus sur la réutilisation d'un logo ou d'une illustration. Prévoyez aussi des conditions générales : nombre de propositions et de retours inclus, validation par étapes, fichiers livrés, acompte à la commande.
Tarifs, facturation et revenu
Le graphiste facture au forfait pour un projet défini, à la journée pour du travail en régie, parfois à l'heure pour des retouches. Le forfait doit intégrer le temps réel de conception, les allers-retours et la cession des droits, qui se valorise à part selon l'ampleur de l'exploitation prévue. Le calculateur de TJM du site aide à fixer un tarif de base cohérent avec le revenu net visé. Côté facturation, la micro-entreprise impose un numéro chronologique, la mention « EI », la franchise en base de TVA tant que le seuil n'est pas dépassé, et les mentions de pénalités pour les clients professionnels. Un acompte de trente à cinquante pour cent à la commande est la norme dans le secteur : il engage le client et finance le temps de conception avant toute livraison.
Pièges et conseils
Le premier piège est de céder les droits sans le dire ni le facturer : un logo réutilisé sur tous les supports pendant des années vaut plus qu'une simple prestation de dessin. Le deuxième est la confusion avec le statut d'artiste-auteur : un graphiste qui vend des œuvres originales, des illustrations exploitées par des éditeurs ou des cessions de droits pures relève d'un régime social distinct ; la micro-entreprise couvre la prestation de service sur commande, et les deux régimes peuvent coexister selon la nature de chaque revenu. Le troisième est le travail gratuit déguisé en test ou en concours : refusez les maquettes non rémunérées. Enfin, protégez votre trésorerie avec des étapes de validation et de paiement, et conservez les fichiers sources jusqu'au règlement complet.