Le métier en micro-entreprise
Le livreur indépendant se connecte à une ou plusieurs applications, accepte des courses et livre des repas ou des colis à vélo, à vélo électrique ou en scooter. Il n'est pas salarié de la plateforme : il facture des prestations, ou plus exactement la plateforme établit pour lui un relevé des sommes versées, courses, bonus et pourboires, qui constituent son chiffre d'affaires. En micro-entreprise, cette activité relève des prestations de services commerciales : les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires au taux des prestations commerciales et artisanales, avec la contribution à la formation professionnelle des commerçants. Aucun frais n'est déductible, ce qui pèse d'autant plus que le véhicule, son entretien et son assurance sont à votre charge.
Ce qu'il faut avant de démarrer
La déclaration sur le guichet unique se fait en ligne, sans qualification requise ; les plateformes demandent ensuite votre numéro Siret, une pièce d'identité, un justificatif d'assurance pour les véhicules motorisés et, pour un scooter, le permis adéquat. Un vélo n'exige pas d'assurance spécifique, mais une responsabilité civile qui couvre l'activité professionnelle est prudente : un accident avec un piéton pendant une course n'est pas couvert par votre assurance habitation. Vérifiez ce que propose la plateforme, souvent une assurance accident limitée à la durée de la course. Prévoyez l'équipement : sac isotherme, éclairage, vêtements de pluie, support de téléphone, batterie externe, et un budget d'entretien mensuel réaliste.
Tarifs, facturation et revenu
Vous ne fixez pas vos prix : chaque plateforme rémunère la course selon la distance, le créneau et la demande, avec des bonus aux heures de pointe et à la météo difficile. Votre levier est le rythme : le nombre de courses par heure dépend de la zone, du créneau et de votre connaissance du terrain. Le simulateur de revenu livreur du site part de vos courses par heure, de votre gain moyen et de vos frais pour donner un net horaire après cotisations et impôt, et le compare au Smic. Côté administratif, la plateforme vous fournit des relevés mensuels : ils servent de base à la déclaration de chiffre d'affaires à l'Urssaf, à faire même pour un mois sans course, et au livre des recettes. Conservez-les avec vos justificatifs de frais, même s'ils ne sont pas déductibles, pour comparer un jour avec le régime réel.
Pièges et conseils
Le premier piège est de raisonner en chiffre d'affaires : entre cotisations, contribution formation, impôt et frais de véhicule, le net horaire peut passer sous le Smic aux heures creuses. Faites le calcul avec vos vrais chiffres avant d'acheter un scooter. Le deuxième est l'oubli de la déclaration à l'Urssaf ou de la demande d'Acre dans le délai : l'Acre réduit fortement les cotisations la première année, et la déclaration est obligatoire même à zéro. Le troisième est la santé : les accidents sont fréquents et la couverture d'un indépendant reste limitée ; une prévoyance même modeste change tout en cas d'arrêt. Enfin, gardez un œil sur les seuils du régime et sur l'obligation de compte bancaire dédié si l'activité devient importante.